oct 08 2008
Euro 2016 : Et on joue à 24 ?!
Avant toute chose, la rédaction de Grinta.fr tient à souligner que le fait que les Cahiers du Football aient sorti un article sur le même thème et surtout le même jour, ne relève que d’une simple coïncidence.
Le 26 septembre dernier, le Comité exécutif de l’UEFA s’est réuni à Bordeaux pour mettre en place des réformes majeures au sujet de deux compétitions européennes : la Coupe de l’UEFA (C3) et l’Euro.
La Coupe de l’UEFA a été renommée en UEFA Europa League. Plutôt sexy, non ? Bon, c’est vrai qu’on aurait aimé des appellations du genre “La Coupe snobée par les clubs français” ou “La Coupe sans oreille” ou mieux “La Coupe des noms de villes imprononçables”. Plus sérieusement, outre le fait de changer de nom, la compétition va également changer de formule. Finis les matchs de poule à 5 équipes avec uniquement des “matchs aller” à disputer. Place à une vraie phase de groupes équilibrée et organisée en matchs “aller-retour” comme la C1. La seule chose que l’on déplorera est l’absence de volonté d’avoir une compétition à élimination directe comme au temps de la Coupe d’Europe des Clubs Champions.
La deuxième décision importante prise par le Comité est celle qui nous intéresse le plus dans cet article. En effet, il a été décidé d’augmenter le nombre de participants à l’Euro 2016. Ainsi, la compétition passerait de 16 à 24 équipes dans sa phase finale. Un choix qui semble convenir aux 53 nations affiliées à l’UEFA. En effet, en donnant la possibilité de se qualifier à pratiquement la moitié des équipes, l’Euro 2016 pourra accueillir plus de nations de “second plan” mais également sécuriser les places des plus “prestigieuses”.
Ainsi, des nations émergentes ou en reconstruction telles que l’Ukraine, la Turquie, la Belgique ou le Danemark seraient régulièrement au rendez-vous de la phase finale. Cela réduira également le risque de ne pas voir figurer des grosses nations comme ce fut le cas pour l’Euro 2008 avec l’Angleterre. Avec cette décision, Platini, certes idéaliste et défenseur des “petites équipes”, n’oublie pas de favoriser les “gros” et de faire plaisir à tout le monde… Y compris au trésorier de l’UEFA (plus de matchs diffusés, plus de droits TV, plus de marketing, plus de billets vendus…).
Voyons maintenant d’un peu plus près les conséquences négatives que pourrait engendrer le passage à 24 équipes lors de la phase finale.
Tout d’abord, les phases de qualifications ne seraient plus d’un grand intérêt car, comme dit précédemment, les places seraient moins difficiles à obtenir. En supposant que les 53 équipes se répartissent équitablement en 13 groupes (7 groupes de 4 et 5 groupes de 5 avec les 2 premiers de chaque groupe qualifiés), nous pouvons être surs que certaines nations assureraient leur places en 3-4 matchs.
Ensuite avec l’augmentation du nombre d’équipes qualifiées nous pouvons craindre un nivèlement par le bas. Sportivement, l’Euro est extrêmement relevé et intense, beaucoup plus que la Coupe du Monde. L’arrivée de nations “moins fortes” laisserait apparaitre le risque d’avoir plus de “France-Roumanie” (Euro 2008) avec des tactiques frileuses et blindées.
Une fois en phase finale, les équipes se répartiraient en 6 groupes de 4 équipes laissant place à une méthode de qualification pour les 8èmes de finale des plus bancales. En effet, les 2 premières équipes se qualifieraient directement (soit 12 équipes) ainsi que les 4 “meilleures troisièmes”. Une absurdité lorsque l’on sait que ces “meilleures troisièmes” ne seront pas désignées par des confrontations directes mais sur des critères plus anecdotiques (meilleure différence de buts, meilleure attaque, meilleur indice UEFA…). Quoi qu’il en soit, même avec cette formule, l’Equipe de France n’aurait pas pu se qualifier lors de l’Euro 2008…
Le dernier point négatif que nous pouvons relever est certainement le plus logique : l’augmentation du nombre de matchs. Avec 24 équipes en lice et l’apparition de 8èmes de finale, le nombre de matchs passera de 31 à 51. Ceci impliquera évidemment l’allongement de la durée de la compétition d’une semaine (soit un mois). Avec un calendrier national et européen déjà très chargé pour la plupart des joueurs participant à l’Euro (1 championnat, 2 coupes nationales, 1 coupe européenne et des matchs internationaux), le risque d’exposition aux blessures n’en est qu’accrut. Ceci aura également le don d’énerver les entraineurs et dirigeants “anti sélections nationales” protestant déjà contre les matchs amicaux et les compétitions trop longues…