sept 09 2008
Non, non, rien à changé…
Enfin si ça a changé… on est plus mauvais qu’avant…
Samedi soir, l’équipe de France a débuté les qualifications de la CM 2010 comme elle avait terminée l’Euro : avec une belle branlée. Mais cette fois ce n’est pas contre l’Italie ou la Hollande mais contre l’Autriche, 101ème nation mondiale au classement FIFA (coincée entre le Congo et l’Albanie pour mieux illustrer). En même temps on pouvait s’y attendre puisqu’on a fait aussi bien qu’eux en juin dernier (1 but marqué et 1 point pris).
Plus sérieusement, les membres de la FFF doivent se satisfaire de la situation car ils avaient misé sur la continuité avec le maintien de Raym du fiancé d’Estelle. Bon, pour le coup de l’amélioration de la communication, de l’envie, de la générosité et du jeu on y avait cru 5 minutes, le temps de se remettre du choc. Malgré tout, on se demande toujours qui croyaient-ils entuber avec ces âneries. Car la seule amélioration constatée jusque là est dans la médiocrité. La preuve ? Au niveau de la communication il y a toujours autant de mépris pour les médias et pour le public (jamais de mot sur la tactique adoptée, sur les choix des joueurs, sur les lignes directrices à suivre…). Pour la générosité on en vient à penser si ce mot figure dans le vocabulaire limité de certains joueurs. Et pour la reconquête du public… faut-il l’évoquer ?
Concernant ce qui nous intéresse le plus, c’est-à-dire le non-jeu, analysons plus en détails les raisons de cet échec (chose que le “toujours sélectionneur des bleus” n’a pas été capable de faire à chaud après le match au micro de TF1). On débute le match dans un 4-4-2 des plus classiques de l’ère “gros sourcils” avec un charnière centrale montée à l’envers, une paire de récupérateurs ne savant pas quoi faire avec le ballon, un ailier gauche qui est en fait un meneur de jeu et deux attaquants aux égos surdimensionnés. Bref, tout pour confirmer ce qu’on savait déjà de “l’entraîneur” : il ne connait pas d’autre tactique et encore moins les postes des joueurs qu’il sélectionne… Deux coups-francs, un corner et 90 minutes plus tard, voilà la France au fond du trou (tiens on l’avait pas déjà atteint ?).
De l’extérieur, personne n’est aujourd’hui capable de dire quelle tactique a été adoptée samedi. Si ça se trouve, il n’y en a peut-être pas eu… Toute la semaine dernière, on nous a martelé que les Autrichiens étaient grands, forts dans les duels et sur les coups de pied arrêtés. On nous a également rappelé que notre plus grand point faible résidait justement dans ces phases de jeu là. Soit. Mais pourquoi diable s’agglutiner dans nos 6 mètres et ne pas être assez lucides utiliser la loi du hors-jeu pour compenser ? Cela aurait empêché à Mexès d’être pointé du doigt comme responsable principal de la défaite. D’ailleurs, à son propos, on se demande si le machiavélique sélectionneur n’a pas fait exprès de le positionner dans l’axe gauche uniquement dans l’espoir de le planter (un peu comme pour Trezeguet qui était privé de centreurs à l’époque). Si ce n’est pas le cas alors il s’agit d’une méconnaissance du métier car il suffit d’avoir un abonnement à Canal Sat pour savoir que Mexès joue depuis 4 ans dans l’axe droit de la défense de la Roma. Autre fait flagrant confirmant l’incompétence du “toujours-là” a été ce changement létal d’un arrière droit (Sagna) par un meneur de jeu (Gourcuff) sur un phase défensive. Tiens c’est pas ce qu’on interdit de faire aux entraîneurs lorsqu’ils passent leurs diplômes ?
Malgré tout, ce qui choque le plus est l’absence totale de joueurs charismatiques dans l’équipe. Lors de la CM 2006, des joueurs comme Zidane, Thuram, Makélélé et Vieira n’hésitaient pas à prendre les commandes lorsqu’il fallait recadrer l’équipe et l’entraîneur. C’est ce qui permit aux bleus de se hisser jusqu’en finale. Aujourd’hui, les plus anciens se nomment Henry et Gallas et ont du mal à s’affirmer comme des leaders naturels. La premier est constamment dans sa bulle, n’esquisse jamais le moindre sourire et est sportivement dans la spirale descendante. Le second est discuté dans son club, semble perdu sur le terrain et est un mauvais communiquant. On nous avait dit que l’arrivée d’Alain Boghossian allait changer quelque peu les choses (proximité, bonne humeur…) mais notre première impression s’est confirmée peu à peu : il a été mis en place pour calmer les ardeurs du peuple réclamant plus de reconnaissance pour les générations 84 et 98.
Pire encore, à la veille du match contre la Serbie, le problème ne réside plus dans le fait de jouer de telle ou telle manière ou de qui doit prendre ses responsabilités. Le vrai problème est que le divorce a déjà été consommé par les supporters des bleus. A force de mépriser le peuple, l’équipe de France est devenue antipathique et indéfendable. Pour preuve : l’affluence estimée pour demain ne s’élève qu’à 45000 spectateurs (pire score pour le Stade de France depuis France-Nouvelle Zélande en 2003). De plus, depuis la coupe du monde rugby et les jeux olympiques, le nombre de jeunes licenciés dans les écoles de football baisse de manière dangereuse et rappelle, encore une fois, ô combien le désamour est profond.
A travers cette « no-win situation » qui renvoie le football français à ses époques les plus noires, la FFF maintient le cap de manière totalement déconnectée de la réalité. Comme si ses membres ne voyaient pas ce que toute la France voit. Pour eux, il s’agit simplement d’une reconstruction difficile d’un groupe avec une génération extraordinaire mais pas assez expérimentée. La vérité est qu’ils ont pris une position qui ne leur permet pas de faire marche arrière sans se ridiculiser. Au delà du maintien ou non du sélectionneur c’est un système complet qui laisse entrevoir ses failles et ses absurdités. Pourquoi faut-il qu’un entraîneur soit issu du sérail fédéral pour pouvoir être désigné ? Pourquoi ne mise-t-on pas sur la compétence d’hommes extérieurs ayant vécu quelque chose plutôt que de se renfermer dans du copinage ? Aujourd’hui ce n’est pas l’Equipe de France qui est en danger dans sa campagne de qualification pour la CM 2010, c’est tout le football français qui est à la ramasse ! Comment peut-on rester aussi inerte devant ce qui doit être la vitrine de notre savoir-faire ?
La « fédé » aura beau lancer toutes les campagnes de reconquête qu’elle voudra, faire signer toutes les chartes de respect des supporters qu’elle imposera, engager tous les spécialistes en communication qu’elle souhaitera, cela ne changera en rien la situation.
Demain, dans un Stade de France hostile à moitié vide, ce ne sera pas France-Serbie à l’affiche mais Domenech-Serbie… Zut ! Je m’étais promis de pas le nommer dans cet article !
PS : Dans cet article nous disions que Henry et Gallas ne s’affirmaient pas dans le groupe. Cela a été démenti par un article de l’Equipe qui relatait le fait que les deux joueurs avaient pris les devants pour pester contre l’organisation de l’équipe car le petit-déjeuner était trop matinal et qu’ils n’avaient pas eu leur dimanche après-midi de libre. Avec ça, ils sont sûrs que Nasri et Benzema leur laisseront la place dans l’autocar dorénavant…

Ola,
Bon, vous plaisantez pas avec les reproches acerbes… Vous êtes mal si la France cartonne la Serbie, parce que ce sera la même équipe (sans charisme, absurde, ridicule, sans compétence, …)
G
Salut GI,
Ce que je dénonce dans cet article est partagé par pas mal de monde en France. Crois-moi cela ne me fait pas plaisir de faire ce constat mais les bleus ne procurent plus aucun plaisir. Domenech a totalement anesthésié les supporters avec sa façon d’être et son air hautain permanent.
Concernant ta remarque, que la France ait cartonnée ou pas la Serbie, mon jugement ne change pas. Le mal est beaucoup plus profond. La preuve, les supporters ont applaudi après les buts mais ont commencé à siffler dès que Domenech est apparu sur l’écran géant. On n’efface pas tout avec 1 ou 2 buts et surtout une simple victoire contre la Serbie. Une révolution s’impose ou sinon on en sera toujours à craindre une énième désillusion.
En espérant t’avoir éclairé, je te dis à bientôt sur Grinta.