juin 13 2008
France : Lèves-toi et joue !
Le non-match indigeste offert par l’équipe de France lundi semble être pour beaucoup de Français la goutte d’eau qui fait déborder l’Abidal (ou pas).En refusant totalement le jeu au profit d’une soi-disant solidité défensive, Raymond Domenech est non seulement en train de tuer à feu doux le football français mais aussi de préparer un terrible lynchage en public en cas d’élimination des bleus.
Cet homme, qui n’a rien gagné que ce soit à la tête d’un club ou d’une sélection nationale (espoirs et A), s’obstine à penser qu’il détient la formule magique pour mener son équipe à une victoire inéluctable : Ne pas prendre de but ! “Liberté, Egalité, Fraternité” étant remplacé par “Solidité, Frilosité, Lividité”. En effet depuis la prise de pouvoir de Domenech, et encore plus depuis 2 ans, l’équipe de France s’est arrêtée de créer, s’est arrêtée de procurer du plaisir, s’est arrêtée de jouer tout simplement.
Certes, beaucoup pensent encore que la jurisprudence “Coupe du monde 2006″ donne raison au sélectionneur français qui “nous a emmené jusqu’en finale” bien qu’ayant produit l’un des pires football vu ces dernières décennies. A ces personnes rappelons que l’EdF a eu toutes les peines du monde à se qualifier pour cette CM avec des éliminatoires qui ne comptaient que l’Eire, la Suisse et Israël comme adversaires majeurs. Rappelons que sans l’aide des revenants (Zidane, Makélélé et Thuram) l’EdF serait restée sur un 3ème échec consécutif. Rappellons que lors des matchs de préparation de cette CM, Domenech avait dans la tête que Vieira était un milieu droit et que c’est uniquement après la blessure de Cissé qu’il fut contraint de repositionner au centre le joueur de l’Inter. Rappelons qu’à la mi-temps du match contre le Togo, la France faisait 0-0 et était éliminée. Rappelons qu’après que Zidane et les autres cadres soient allés voir Domenech avant le match contre l’Espagne, le groupe France était en totale auto-gestion et n’a du sa survie jusqu’en finale que grâce à la prise de responsabilité des joueurs.
Raymond Domenech, en plus d’avoir des qualités de meneur d’hommes laissant à désirer, entretient des relations exécrables avec la presse. En usant de la langue de bois, en ridiculisant les journalistes, en jouant à cache-cache (changement de gare pour l’arrivée des joueurs en Suisse, changement de terrain pour un entraînement en public…), il insulte indirectement les supporters des bleus aux travers des médias. Mais n’a-t-il rien d’autre à faire que cela ? Ne voit-il pas que les spectateurs souffrent de dépressions chroniques en regardant les matchs de son équipe ? Ne voit-il pas que ses joueurs ne prennent aucun plaisir à jouer ensemble ? Ne voit-t-il pas que le football français est la risée de toute l’Europe ?
Alors oui, cette équipe est constituée de joueurs fantastiques, oui elle sait hisser son niveau de jeu en fonction de l’adversaire, oui elle peut se sortir miraculeusement de situations désespérées… mais pour combien de temps encore ? Les premiers matchs de l’Euro ont indiqué la marche à suivre : seules les équipes ambitieuses, généreuses et créatives arrivent à prendre le dessus sur leurs adversaire. L’époque où la défense prenait le pas sur l’attaque et où seul la culture du résultat comptait est révolue. La victoire viendra du jeu !
Le jeu, la France l’a connu il n’y a pas si longtemps que cela. Souvenons-nous qu’entre 2000 et 2004 (mettons de côté un instant les compétitions officielles), les bleus ont connu une des périodes les plus fastes de leur histoire tant en termes de résultats que de jeu produit. En effet, rappelons-nous de cette équipe qui mettait des branlées à toutes les nations du monde (5-0 contre le Japon et l’Ecosse, 4-0 contre le Portugal et la Turquie, 3-0 contre l’Allemagne et la Yougoslavie entres autres), de cette équipe qui se rendait les matchs faciles et qui produisait un jeu irrésistible, de cette équipe qui osait aligner Trézéguet, Henry, Zidane, Pires, Wiltord dès le onze de départ… Bref une équipe qui valait la peine d’être vue, admirée et redoutée…
Alors s’il vous plaît M. Domenech, si vous voulez mourir sur le terrain, mourrez au moins avec les honneurs !
De toutes façons on connaît le scénario : 75ème minute, Domenech laisse sa place à Deschamps qui reprend le brassard et qui tacle…